Commerce
Ce qu’on veut au
juste prix
La vente des
produits nés de la récupération prospère dans les villes camerounaises.
Il est 16
heures ce mercredi 06 novembre 2012 à
Tsinga, capitale de la ferraille dans la ville de Yaoundé. Des messieurs font des
va-et-vient dans un entrepôt de récupération. Ils sont tous à la recherche
d’une pièce qu’ils ne peuvent trouver nulle part ailleurs que dans cette casse.
«J’avais besoin d’un tube d’acier de 50 centimètres. En quincaillerie, on vend
ce tube en mètre et il coute 10.000fcfa alors qu’ici avec 3500 F CFA je m’offre juste ce dont j’ai
besoin», confie Richard B, un soudeur. Comme lui, de nombreuses personnes en
quête de pièces de rechange pour leur machine ou pour leur bricolage viennent
se ravitailler dans ces quincailleries
d’un autre genre. «Nous vendons tout ce dont on peu avoir besoin. Antivols, fer
à béton, barres d’acier, boulons et pièces de machines industrielles… tout y
est pour vos réparations», confie Maurice, un habitant du coin.
Non loin de cet
entrepôt à ciel ouvert, se dresse une usine de fabrication d’appareils servant
à l’agriculture ou à l’élevage industriel.
Plieuse à tôles, pressoir à
huile, moulins... sortent de cette fabrique toutes les semaines. Ici la plieuse
qui se vend dans les grandes surfaces à six millions de F CFA se vend à la
somme de cinq cent mille F CFA. Un ouf de soulagement pour les petites et
moyennes entreprises qui courent vers ces usines pour passer des commandes. «
Avec le chiffre d’affaire de ma
palmeraie je ne peux pas me permettre d’importer une machine. Je viens donc ici
pour acheter des machines qui
conviennent a mon prix tout en respectant les normes internationales », confie
Moise Mboua, agriculteur.
Dans les
marchés, les «macocotes» (marmites
fabriqués dans les fonderies artisanales) ont le droit de citer. Au marché
central de Douala par exemple, une trentaine de boutiques est consacrée au
commerce de cet ustensile fortement présent dans les cuisines camerounaises.
Selon Ibrahim, commerçant, les ménagères préfèrent ces marmites parce qu’elles
ont une durée de vie plus longue que celle des marmites importées. « Je préfère
les macocotes parce qu’elles ne sont pas chères et en plus de cela, j’ai la possibilité de les personnaliser (on
peut y graver son nom [Ndlr])», Madeleine Doumbè, ménagère. Toutefois, si ces
cocottes artisanales coûtent à l'achat moitié moins cher que les cocottes
importées, on ne garantit pas que le métal recyclé soit à 100% de l'aluminium.
P.M.M.
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