Chasse à la
ferraille
Une menace pour
les populations et le développement local
La ruée vers les
métiers de la ferraillerie est perçue comme une menace pour les populations
et pour le développement local. Il est
très fréquent que de jeunes ferrailleurs
peu scrupuleux volent les chaînages des bâtiments en construction pour vendre
les barres de fer. D’autres n’hésitent pas à voler des pièces de la voie ferrée
ou à s’introduire dans des maisons à la recherche de ferraille. Mais s’il y a
une attitude qui ulcère au plus haut point les populations de certains
quartiers des métropoles camerounaises, c’est le fait que des ferrailleurs
poussent l’outrecuidance jusqu’à dévisser toutes les plaques tombales dans les cimetières, mais aussi le fait qu’ils
coupent les fils de téléphone et dévissent les lampadaires qui éclairent les
villes dans la nuit. Ces voleurs réduisent en ferraille les lampions après les
avoir fait tomber et les vendent dans le circuit qui est en passe de devenir
une véritable mafia. Une situation
qui est l’origine de nombre de problèmes entre les grossistes et les forces de
l’ordre. « Il arrive que des ferrailleurs aient maille à partir avec la justice
parce qu’il est fréquent qu’ils achètent de la ferraille sans avoir les papiers
de garantie», confie Raoul, propriétaire d’un dépôt. Ces «chasseurs de métaux » ont au moins le
mérite de débarrasser les rues, les marchés, les ateliers métalliques et de
tôlerie de tout objet en fer encombrant. Et il est très rare de trouver un
semblant de fil en fer, de pot de conserve et d’ustensiles de cuisine hors
d’usage dans les poubelles ou les dépotoirs de la cité dans la ville aux sept
collines.
P.M. M.
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