Aboubakar
OUEDRAOGO
Recycler la misère
pour vivre
Fuyant
l’instabilité de son pays natale, le quadragénaire s’est installé à Tsinga où
il exerce en tant que magasinier d’un entrepôt de ferraille.
Echine courbé,
un jeune homme à l’allure effilé, sourire aux lèvres, assène des coups de hache
à une épave de voiture qui vient d’arriver dans l’entrepôt. Lui, c’est « Petit Abou » de son vrai nom Aboubakar OUEDRAOGO, un
magasinier qualifié d’hors pair par ses confrères. Le ferrailleur est
aujourd’hui, gérant de l’un des plus grands dépôts de Tsinga-Elobi (capitale du
fer yaoundéen). Dans son entrepôt, une dizaine de jeunes camerounais ayant fui
les démons de la rue trouvent de quoi gagner leur vie dignement.
Parti de sa Côte
d’Ivoire natale où il travaillait dans une scierie après le début de la crise
politique, Petit Abou décide d’aller en aventure pour survivre. Premier arrêt
Ouagadougou, capitale de son pays d’origine. Là-bas, l’homme s’investit dans le
commerce mais ne parvient toujours pas à joindre les deux bouts. Le vent de
l’immigration le conduit sur la route du Gabon. Hélas, la réalité des choses le
maintien au Cameroun où il dépose ses valises dans la ferraille. Grace à sa
franchise et à l’expérience du traitement du « mposs » en Afrique de l’Ouest, Aboubakar gravi en quelques mois tous les échelons de
la chaîne du commerce de la ferraille. « Pour vivre dans ce métier, il est
important d’être honnête avec tous ceux qui travaillent avec toi. Sinon, tu
n’évolueras pas», explique-t-il.
Bien que la
pratique de cette activité ne soit pas une tâche aisée, le quadragénaire, avoue
trouver son compte. « Je ne peux pas dire que je me plains. Je parviens à vivre
ici et à aider ma famille au Burkina-Faso
», confie-t-il en souriant avant d’ajouter. « Je gagne entre 70.000 et 100.000
F Cfa, cela dépend du nombre de tonnes de fer que nous parvenons à envoyer à
Douala ».
P.M.M.
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