Christophe DASSI
« Nous œuvrons
pour un avenir meilleur »
Le secrétaire
national du syndicat national autonome de la ferraille et de la sauvegarde de
l’écosystème camerounais (Synafsec), parle des procédures mises sur pied pour
améliorer les conditions de vie des ferrailleurs.
Nous voulons
faire de la ferraille un travail décent, une activité qui permet de nourrir son
homme. Il est vrai que par le passé nous
avons eu beaucoup d’aventurisme, ajoutés à cela nos divers malentendus avec
l’Etat a permis le triomphe des
investisseurs étrangers sur nous. Maintenant,
nous sommes décidés à organiser notre
secteur d’activité. Pour cela, nous mettons sur pieds des procédures pour
travailler de concert s avec les ministères de tutelle de notre syndicat. Nous
sensibilisons également les ferrailleurs sur l’importance du respect des normes
régissant notre emploi.
Il y a deux ans,
le ministre Badel NDANGA NDINGA, signait deux arrêtés portant interdiction de
l’exportation de la ferraille. Cet arrêté n’a pas rencontré l’adhésion du
Synafsec, un syndicat qui a exprimé son
mécontentement en introduisant une plainte auprès de la cour suprême. Où en est
l’affaire aujourd’hui ?
Il convient de
dire que nous ne suivions pas cette affaire car ce n’est pas nous qui avions
porté plainte. Toutefois, nous soutenons l’action du Synafsec. Le ministre
NDANGA NDINGA, pour je ne sais quelle raison avait pris une décision qui a
chamboulé la vie de nombreux ferrailleurs.
Nous avons perdu de fortes sommes d’argent ; des jeunes se sont
retrouvés à nouveau dans la rue et
plusieurs propriétaires d’entrepôt criblés de dettes ont dû fuir le
pays.
L’action du
Minmidt était donc mauvaise ?
Pas vraiment. Le
ministère a voulu structurer le secteur, ce qui est une bonne chose. Mais il
n’a pas cru bon de prendre les avis des principaux concernés sur la question.
C’est sans doute pour cette raison que le Synemef-cam a porté plainte. Pour
éviter ce type de problème á l’avenir,
nous œuvrons pour développer et
assainir les relations entre les ministères et nous.
A travers cet
acte, le ministère entendait non
seulement «sécuriser la production et
l’approvisionnement de l’industrie locale, mais aussi préserver la valeur
ajoutée induite et les emplois». Comment ressentez-vous cela sur le terrain?
Nous n’avons pas
remarqué une quelconque création d’emplois dans le secteur. Nous sommes
toujours dans l’informel et supportons les caprices des acheteurs qui font la
pluie et le beau temps des prix de la
ferraille. Le ministère ne descend pas
sur le terrain pour constater les faits mais se contente juste des rapports des
équipes de suivi à la solde des industries indiennes.
Propos recueillis par P.M.M
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