Réglementation
Rapport de force
autour de l’exportation de la ferraille
Le ministère des
Mines, de l’Industrie et du Développement technologique est face au syndicat de
conquête et de défense des déchets ferreux et non ferreux.
L’affaire
oscille autour d’une décision ministérielle signée en 2008. Les arrêtés
n°00237/MINIMIDT/Cab/ du 19 juillet et n°00242/MINIMIDT/Cab/ du 19 août 2008 portant fixation des modalités de
collecte, de transport, de stockage, de transformation et d’exportation de la
ferraille et / ou des déchets métalliques posent problème. L’article 9 de cette
décision ministérielle interdit l’exportation des déchets ferreux ou non
ferreux. D’après les responsables en charge de l’affaire au ministère, ces
décisions visent deux principaux objectifs. Tout d’abord, elles permettent non
seulement de « stabiliser les unités de
transformation en réglementant la collecte de la ferraille, mais, visent
également à éviter la rareté de cette matière première sur le marché local », a
affirmé M. Bagoutou Djembele, directeur de l’industrie au MINIMIDT.
Mais cette
décision n’a pas rencontré l’adhésion du Syndicat national pour l’environnement
et les exploitants des métaux, des déchets ferreux et non ferreux du Cameroun
(Synemef-Cam). Ceux-ci vont manifester leur mécontentement en déposant une
plainte à la cour suprême. Dénonçant par le biais du Comité National Anti-Corruption (CONAC), que le ministère
continuait de délivrer des autorisations spéciales d’exportation aux expatriés.
Argument que réfute le ministère non sans préciser qu’ «en fait, lorsque la
mesure était prise, il fallait attendre l’expiration de la date des
autorisations qui avaient déjà été délivrées plus tôt», explique une fois de
plus M.Bagoutou.
Ayant été saisi
de l’affaire par le comité de suivi à la primature, le Premier Ministre à son
tour va signer une décision le 23 mars 2010, demandant au ministre des Mines,
de l’Industrie et du Développement Technologique de veiller scrupuleusement à
l’application des dispositions de l’article 9 signé par ledit chef du
département ministériel. Le syndicat a introduit une demande d’exportation
auprès du ministère. Demande qui lui a
été refusée pour des raisons contenues dans les dispositions des deux arrêtés
ministériels.
Autre objectif
visé par ces textes gouvernementaux, la mise sur pieds des fonderies de droit
nationales. Ce qui conduirait à la création des emplois plus ou moins stables.
Aujourd’hui, l’activité rassemble plus de 10 000 opérateurs. Sur le marché et
reconnues par le ministère, elles sont plus de huit sociétés de transformation
telles que : Boem Steel, Cometal, les aciers du Cameroun, etc. D’ailleurs,
Prométal, en est le leader sur le marché sous-régional avec environ 20
milliards de chiffre d’affaire. Et pour l’heure, l’exportation de la ferraille
est interdite au Cameroun, en attendant de nouvelles décisions.
Brice MOUSSING
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