Un après-midi
dans une forge
Du futile à
l’utile
La récupération
de la ferraille a conduit à la création de plusieurs aciéries traditionnelles.
2000 degrés à
l'ombre. Dans les sinueux marécages des bidonvilles du quartier Tsinga à
Yaoundé, Youssouf, échine courbé, le corps brun recouvert de sueur luisant sous
l’effet des flammes de la fournaise, insère machinalement des morceaux d’aluminium. Dans cette curieuse entreprise de fabrication de
cocottes montée par Lambert Ngamaré, un ressortissant camerounais, des jeunes
gens n’hésitent pas à côtoyer chaque jour sans autre sécurité que leurs
réflexes propres, plus de 1000 degrés de température émanant des fours de
fonderies où ils dissolvent leurs matières premières : des tôles, des moteurs
et jantes de voitures usagées, des barres de fer, etc… Malgré la récurrence et
la gravité des accidents, ces hommes, pères de famille pour la plupart,
s’accrochent à ce métier périlleux et extrêmement exigeant, dans une ambiance
et un humour des plus caustiques frisant le pathétisme et ponctués d’une
kyrielle de "règles d’or", avec en tête de lice celle qui prohibe
tout pleurs quand du métal fondu vient à brûler accidentellement un pied, une
jambe, un bras....
Le processus de
fabrication
Une fois ce
travail fini, les marmites sont
livrées à des grossistes qui les vendent sur le marché local et dans les pays
voisins. Ils ferment ainsi le cycle en faisant quelque chose de vraiment utile.
Quoique cernés de toute part par les feux des fourneaux, ces artisans n’en sont
pas moins galvanisés par le feu de la survie, qui seul leur confère l’énergie
nécessaire pour tenir dans cet enfer où tous semblent pourtant trouver leur
compte.
P. M.M.
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